Artisane des mots ; pourquoi je ne suis plus uniquement rédactrice 🧡

Temps de lecture estimé : 9 minutes

Selon la définition consacrée, l’artisan, quel que soit son métier, exerce au manuel et conjugue à son compte, avec, ou non, un petit nombre d’employés. Son activité, quant à elle, est fondée sur un apprentissage, une transmission, un savoir-faire particulier. Savoir-faire particulier, c’est un peu comme partenaire particulier, j’aime beaucoup cette formulation. Elle n’évoque ni la rapidité, ni le volume qu’aujourd’hui tout le monde peut décrocher, mais indique le temps long et l’attention de celui qui a pratiqué, qui a affiné, et dont le travail, à force, devient reconnaissable.

Depuis toujours ou presque, depuis 2011 en tout cas, j’exerce le métier de rédactrice web. C’est exact, et surtout, c’est indexable. C’est ce que vous cherchez quand vous avez besoin de contenus, de textes, d’articles de blog. Mais ce titre, cette étiquette, aussi juste soit-elle, ne dit pas, ou ne plus ma façon de travailler. Elle donne le quoi, ce que je fais, et encore, mais pas le comment. Pourtant, c’est précisément ce comment qui définit ce que je travaille, à la main, vraiment.

Je suis une artisane des mots et j’aime cela. Dans cet article, je vais vous expliquer pourquoi cette distinction change tout, et pourquoi, malgré tout, j’ai un petit problème avec les étiquettes.

Sommaire

  1. Rédactrice web : un titre qui dit quoi, mais pas comment
  2. L’artisane et le mot, du geste et de la patience
  3. Ce que je fais différemment et pourquoi je me considère comme une artisane
  4. Ce que la notion d’artisanat change pour vos textes et pour votre marque
  5. La réflexion et la lenteur comme outil de travail

Rédactrice web : un titre qui dit quoi, mais pas tout à fait comment

Si vous tapez rédactrice web dans Google, sur Instagram ou LinkedIn, vous trouverez, au fil du scroll, des centaines de profils. Des personnes sérieuses, compétentes, sympathiques, capables de vous livrer un bon contenu optimisé SEO dans des délais raisonnables. Je ne dis pas le contraire, j’en fais partie, et depuis bien longtemps.

Mais le titre de rédactrice web à lui seul ne dit rien de la façon dont chaque texte naît. C’est un peu comme si, pour parler d’un ébéniste, vous utilisiez l’expression faiseur de meubles. Techniquement, oui, la définition peut être estimée juste, mais elle passe à côté de l’essentiel : le temps passé à choisir le bois, sa teinte, sa souplesse ou sa solidité, la façon de travailler chaque noeud, la précision du geste et la patience accordée à une pièce qui n’a pas encore trouvé son harmonie.

Ce que le titre de rédactrice web et même de rédactrice web SEO freelance ne dit pas dans mon cas, c’est que, rédiger une introduction peut me prendre deux heures. Que je relis souvent à voix haute parce que le rythme d’une phrase compte autant que son sens. Qu’il m’arrive de mettre un texte en pause une journée entière parce qu’il ne me convient pas. Que je cherche toujours le mot exact, jamais celui qui seulement ira, et que, souvent, cela me prend du temps.

Un temps qui n’est pas une lenteur, mais du soin. Un soin qui n’entre pas si facilement dans une fiche de poste.

L’artisane et le mot, du geste et de la patience

Richard Sennett, sociologue américain, a consacré un livre entier à la philosophie du faire manuel Ce que sait la main (Albin Michel, 2010). Sa thèse centrale : l’artisanat est une façon de penser, pas seulement de produire. Le geste répété, le matériau que l’on apprend à connaître, les ratés nécessaires avant la maîtrise… Tout cela façonne une intelligence particulière, une intelligence de la main et de la pratique.

Plus récemment, c’est Emma Bruschi qui porte cette même conviction dans Savoir & Faire (Ulmer, 2024), un livre ancré dans l’artisanat domestique français, porté par “une quête de sens, un besoin de temps profond et un plaisir de fabriquer soi-même.”

Deux époques pour une seule certitude : le geste lent a une valeur que le geste rapide ne peut pas produire. Je pense la même chose à propos de l’écriture.

Écrire, c’est travailler une matière. Les mots ont un poids, une texture, une résonance. Certains sont durs, d’autres plus mous, je vous l’assure ! Certains sonnent faux et d’autres encore se font désirer.

Le mouvement slow l’a bien compris : dans un monde de productions industrielles et de contenus générés en masse, le fait-main reprend une valeur qu’on beaucoup croyait dépassée. Pas parce que c’est nostalgique (ou bien si, un peu, c’est si doux la nostalgie) mais surtout parce qu’il répond à un besoin d’humanité, de lien et de quelque chose qui ne ressemble qu’à son auteur.

Un texte artisanal, c’est un texte qui porte une empreinte. Que l’on reconnait même sans signature. (Après quinze ans à écrire, je suis capable de lire un de mes anciens articles sans me souvenir de l’avoir écrit et le reconnaître comme issu de mon clavier quand même.) En effet, tout cette pratique n’a pas produit de certitude (sauf celle d’un amour dévoué aux mots), mais a aiguisé ma curiosité.

Ce que je fais différemment et pourquoi j’utilise le mot artisane

infographie 5 gestes artisane webplume
Infographie 5 gestes d’artisane – Webplume

Le premier jet est une ébauche, un essai pour moi, pas un livrable. Comme l’ébéniste qui dégrossit le bois avant de le poncer, mon premier jet est brut, parfois maladroit, presque toujours trop long. On pourrait dire que c’est une matière première. La valeur de mon travail est déjà là, prête à se révéler dans ce qui vient après ; les repasses, les retraits, les ajouts, les reformulations.

La relecture est un ponçage. Je relis à voix haute une fois. Je cherche les aspérités, les phrases qui cassent, les mots qui ne collent pas, le passage qui tombe à plat. Un texte agréable à lire et facile à comprendre, se lit sans effort.

Le mot pertinent prime sur le mot rapide/tendance. Il existe des synonymes qui n’en sont pas vraiment. Réconfortant et chaleureux par exemple, ne disent pas tout à fait la même chose. D’ailleurs, écrire et rédiger non plus.

La cohérence s’entretient avec le temps. Un artisan reconnaissable, c’est quelqu’un dont le style traverse les années. Pour mes clients, cela veut dire que le dixième article du blog conserve un petit goût du premier ; pas dans le sujet, mais dans le ton, le rythme et l’univers.

Les outils aussi ont leur importance. L’artisan a son rabot, ses ciseaux, son tour, sa machine à coudre, son pinceau. Dans mon bureau, j’ai mon carnet, mes stylos, ma lecture à voix haute, mes deux ordinateurs, ma boite e-mail, précieuse, et mes pauses. Ces moment délibérés où je m’éloigne du texte pour mieux le lire en revenant.

En rédaction web, tout cela se traduit par une chose que je demande systématiquement à mes nouveaux clients avant d’écrire la première ligne : montrez-moi ce que vous avez déjà publié, ce que vous aimez, ce qui vous ressemble et ce à quoi vous aspirez. Parce qu’un texte artisanal s’inscrit dans une voix qui existe déjà, ou que l’on construit ensemble.

Pourquoi la notion d’artisanat compte pour vos textes et pour votre marque

Dans un monde où tout contenu peut être généré en quelques secondes, la question n’est plus est-ce que je peux produire du texte rapidement (la réponse est oui, tout le monde le peut désormais), mais, qu’est-ce que ce texte va laisser derrière lui ?

Un texte artisanal devrait toujours laisser une empreinte différente, être reconnaissable et donc mémorisable, cohérent et donc rassurant, soigné et donc dire quelque chose de la marque qui l’a commandé.

C’est directement lié à ce que j’appelle le comfort content, cette idée qu’un texte peut réconforter autant qu’informer, créer un lien autant que convertir. Le comfort content est, par nature, artisanal et ne peut pas être fabriqué à la chaîne.

Les marques qui me confient leur contenu ne cherchent pas seulement du texte optimisé. Elles cherchent une voix, une façon de penser qui leur ressemble, qui parle à leurs clients comme elles le feraient, une confiance, de la compréhension, un accompagnement.

La réflexion et la lenteur comme outil de travail

lenteur artianat web(1)
lenteur artisanale & web

Je ne fais pas partie des personnalités extraverties qui débordent d’énergie créative en réunion. J’observe beaucoup et j’écoute avant de parler. Pendant longtemps, j’ai pensé que c’était un défaut de ma personnalité professionnelle. Aujourd’hui, je pense que c’est précisément ce qui me permet de travailler à ma façon.

L’artisan observe sa matière avant de la travailler, ses contraintes, ses possibilités, ce qu’elle peut devenir. Pour moi, cette matière c’est la voix d’un client, son univers et ses valeurs.

Susan Cain, dans Quiet, son essai sur le pouvoir des introvertis dans un monde qui n’arrête pas de parler, écrit que les discrets travaillent plus lentement mais plus en profondeur et qu’ils ont tendance à penser avant d’agir. Ce n’est pas une faiblesse, c’est un fonctionnement qui produit des résultats différents.

Pour finir : comment faites-vous pour trouver les mots ?

Je ne suis pas la seule artisane des mots. Il y a d’autres rédacteurs, d’autres auteurs de marque, d’autres plumes qui travaillent avec ce niveau d’attention et de soin. Ce qui me définit, c’est ma façon à moi de le faire, lentement, en Haute-Marne, avec Michel qui fermente sur le plan de travail et les mots qui murissent à côté, mes poules et mes chiens.

Aussi, prenez le dernier texte que vous avez écrit et publié, article, page de site, post Instagram, ce que vous voulez, et demandez-vous : si je ne connaissais pas ce texte, de quoi me parlerait-il, qui m’évoquerait-il de son auteur ? Et dites-moi, si vous le souhaitez, ce que vous obtenez.

Et si vous cherchez quelqu’un pour fabriquer les vôtres, vous savez où me trouver. 🧡 (Pauline – Artisane des mots & rédactrice web depuis 2011)

par Webplume

Pauline Dewinter – Rédactrice web senior & Consultante éditoriale

Rédaction web SEO & Communication, j'installe en 2011, ma petite entreprise au milieu des animaux et des champs, en Haute-Marne.
Spécialisée en rédaction de contenus délicats et réconfortants (mon fameux Comfort Content), je vous aide à trouver les mots qui définissent et subliment votre entreprise.
La joie d'écrire, la transmission, le partage, la poésie et les émotions sont mes amis.

Pour en savoir plus contactez-moi ! Bonne humeur, loyauté et réactivité font partie de mes principales qualités.

Follow @webplume